An Phuoc, une petite Vietnamienne aux yeux bleus

An Phuoc, une petite Vietnamienne aux yeux bleus

An Phước a sept ans. Elle est la cadette de sa famille et vit avec son frère, sa sœur ainsi que ses parents près de Phan Rang au sud du Viet Nam. Son père et sa mère vivent essentiellement de petits travaux de menuiserie ou de poterie. Cette modeste famille n’a jamais quitté le village où ils sont établis.

Leurs ancêtres quant à eux, viennent d’une lointaine contrée : An Phước est une descendante de la minorité des Chams, un peuple aux origines malayo-polynésienne et hindouiste, ayant gagné le Viet Nam, mais surtout le Cambodge, où ils sont établis en plus grand nombre depuis le II ème siècle. On en compte près de 130 000 qui vivent aujourd’hui dans le sud du pays. L’ethnie des Chams est aujourd’hui musulmane, mais possède une forte influence bouddhiste et hindouiste toujours très présente dans leurs rituels. Dans la région désertique de Ninh Thuan résident quelques milliers de ces hommes et femmes. Seuls certains portent toujours le costume traditionnel mais tous parlent leur propre dialecte, foncièrement différent des autres langues vietnamiennes.

An Phuoc

An Phước est différente des autres petites filles chams de son village, elle a la particularité de posséder un regard qui ne laisse personne indifférent…  An Phước a d’incroyables yeux bleus. Deux billes azur qui contrastent nettement avec sa peau brune et ses cheveux noirs. Du haut de ses sept ans, elle est toujours surprise de l’intérêt que lui portent le peu d’étrangers qui passent par Ninh Thuan. Ce fut également le cas lorsqu’elle fit la connaissance de Réhahn, le photographe, qui est expatrié depuis plusieurs années au Viet Nam.

Après avoir atterri à Nha Trang, Réhahn s’est rendu aux alentours de Phan Rang dans l’espoir de rencontrer la minorité Cham. Il y a quelques semaines, l’une des personnes parmi les 200 000 le suivant sur sa page Facebook l’a contacté et lui indiqua la présence de cette petite aux yeux bleus parmis la minorité Cham. L’occasion était là, et ce qui a donné à Réhahn l’envie de voir cette petite de ses propres yeux. Ce ne fut pas bien difficile de la retrouver, puisque tout le monde la connaît dans les environs, on la surnomme même « la fillette aux yeux de chat ». Le photographe fut donc accompagné jusqu’à la petite maison de la famille, qui l’accueillit avec beaucoup de chaleur.

An Phuoc family

La famille d’An Phuoc

 

En quelques secondes à peine, Réhahn remarqua que An Phước n’était pas la seule à avoir ce regard : son père et son frère avaient tous les deux les yeux bleus. Rapidement, on lui expliqua que l’arrière-grand-père paternelle des enfants était français, ce qui expliquerait le fait que ces vietnamiens aient des prunelles si claires. Ravis de cette rencontre, la petite famille pose fièrement pour le photographe, qui voit dans les yeux de An Phước, le plus beau des modèles.

 

blue eyes girl

Seul le grand frère était un peu réticent à l’égard de Réhahn, inquiet du jugement sur la différence que présentent ses petites sœurs : An Phước et Sapa. La seconde jeune fille a 14 ans, elle possède des traits aussi doux que ceux de sa sœur mais n’a qu’un seul œil bleu lagon, tandis que l’autre est de couleur noisette. Cette particularité complexe Sapa puisque les singularités sont moins faciles à vivre au Viet Nam, comme elles pourraient l’être en Occident. Le grand frère est rassuré lorsqu’il comprend que Réhahn n’est pas journaliste mais photographe, il est là dans le seul but de montrer la beauté de ses sœurs.

Après ces quelques échanges avec toute la famille, Réhahn est invité à partager un repas, au cours du quel une véritable connexion se créera entre le photographe et ses hôtes. Si bien que finalement, Réhahn restera deux jours à leurs côtés, se liant d’amitié avec tous les membres du foyer. La petite An Phước fit même de l’absentéisme à l’école pour profiter au mieux de la présence de son invité. Réhahn sait que ses photos auront un certain succès, il est donc naturel pour lui de venir en aide à cette famille. Il voit son travail comme un échange, un partenariat : il exposera les photos de la petite modèle mais, comme une contrepartie, va parrainer toute la famille. Avant cela il offrit des vêtements et un vélo, permettant à Sapa de  se rendre à son école située à plusieurs kilomètres de là.

Sapa with her new bike

Sapa, heureuse avec son nouveau vélo

L’amitié qui lie le photographe et la famille est réelle et profonde. Au moment de les quitter, Réhahn leur fait la promesse de les inviter chez lui à Hội An. Cette nouvelle est reçue avec beaucoup de joie et de gratitude par cette famille qui n’a jamais pris l’avion et qui aspire à découvrir le centre du Viet Nam.

Family at the airport

A l’embarquement

En Juin, ces nouveaux amis se sont de nouveau rencontrés à Hoi An. La famille a résidé dans la maison du photographe pendant 4 jours et sont allés visiter sa galerie Couleurs d’Asie.

An Phuoc in Hoi An

An Phuoc et sa famille à la galerie de Réhahn

Grâce au parrainage de Réhahn, les sœurs apprennent en ce moment à parler anglais afin de pouvoir mieux communiquer avec le photographe lors de leur prochaine visite à Hôi An.

Flora